06.10.2008
Une rose d'automne
C'est une houppe de senteur, c'est un nid d'ailes de
papillon. Cest une étoile de la danse.
Elle s'épanouit trop vite dans une flûte d'eau pure,
près de la lampe. Chaque matin je donne un coup de
canif à sa tige. Elle qui s'élançait gracieuse, elle ne
sera bientôt qu'une naine. Déjà elle perd pied, et le col
de sa flûte la serre.
Elle regarde toujours de mon côté d'un oeil voilé de
multiples paupières.
Oui, si je dis des vers, elle m'écoute, comme une
oreille penchée.
Ce soir, sa première feuille tombe, avec le bruit seu-
lement qu'il fallait pour m'avertir.Puis une autre se
détache. C'est son automne qui commence.
Elle ne se dépouille qu'à regret, et s'arrête souvent,
prise de pudeur.
Il faut que je l'aide, que d'un doigt sensuel, j'écarte
ses dessous à peine rosés et que j'aille jusqu'au coeur.
Et le coeur aussi se désagrège.
Longtemps ses parfums lui survivent et flottent,
libres, autour de moi.
Des feuilles mortes, j'applique à mon front les plus
fraîches, que la chaleur recoquille.
Je mâche mélancoliquement le reste.
Bucoliques (1898)
Jules Renard
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05.10.2008
Les poètes " blogueurs " du dimanche
Croyez-moi je vous aime bien mes doux poètes
Qui écrivez des vers comme on soigne les bêtes
Dans les faubourgs du ciel là-bas où ce n'est point
Une allumette dans une botte de foin
Mais à perte de vue mille et mille blessures
D'astres dans le côté gauche de la nature
Tu es dans la cuisine rouge de l'ennui
Avec des cuivres rouges et des panoplies
Des photos pâles des billets de bienfaisance
Entre des fleurs en cellulose et des faÏences
Tu as près de soixante-dix ans et tu nais
A chaque battement nouveau de ton poignet
D'une rime sonore et guère originale
Comme tu en lisais à L'Ecole normale
Les soirs d'étude où le vent maigre se glissait
Sous la porte comme une lettre de cachet
Tu te souviens de bords de l'eau et tu t'amuses
A des allégories de l'Almanach des Muses
A des sonnets parfaits comme un arpent d'été
Qui font songer aussi à ce vin récolté
En cette année inoubliable du poème
Qui disait la folie de ta femme et le même
Sursaut d'angoisse que tu éprouves ce soir
En face de ce vers impossible à traduire.
R. G. C.
M. T. P.
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04.10.2008
Automne
Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.
Ö temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent soufle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.
René Guy Cadou
19:14 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06.08.2008
Le Roman de la Rose
Le maintien du dieu d'Amour n'était en aucune
façon celui d'un garçon malappris. Pour la beauté, il
était fort à priser ; quant à décrire sa robe, je crains de
ne pouvoir y réussir, car il ne portait pas une robe de
soie, mais de fleurettes de toutes couleurs, violettes,
pervenches, fleurs de genêt, fleurs bleues, fleurs
blanches mêlées de feuilles de roses, ouvrée à plaisir
et toute brodée de losanges, d'écussons, d'oiselets, de
lionceaux et de léopards. Il était coiffé d'un chapeau
de roses, mais les rossignols qui voletaient autour de
sa tête en faisant tomber les pétales, car il était tout
couvert de papegauts, de rossigols, de calandres et de
mésanges. Il semblait que ce fût un ange venu tout
droit du ciel 1. (...)
XIIIè siècle
Adapté en français moderne par André Marty.
Guillaume De Lorris
Jean De Meun
18:06 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.08.2008
Rose, venue très tard....
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11:05 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
la rose
Eté: être pour quelques jours
le contemporain des roses;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.
Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d'autres roses absente.
plus de rose,la fée l'a subtilisé ?
10:15 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.07.2008
LA Fraternité
LA Fraternité,
c'est comme un bouquet offert au moment où l'on en a besoin;
c'est comme une eau claire qui vous désaltère,
c'est comme une chaleur qui va droit au coeur !
LA Fraternité,
c'est toute une chaîne
qui se met en route, maillon de prière,
c'est un petit signe, l'envoi d'une carte,
c'est une visite à l'hopital !
LA Fraternité,
c'est comme un bouquet aux couleurs de vie,
qui n'enferme pas dans la maladie,
qui ne s'arrête pas,
car autour de soi, d'autres attendent aussi.
LA Fraternité,
c'est une famille qui vous tend la main,
avec trois fois rien,
un feu allumé, le son d'une voix,
une façon d'aider , de dire :" On est là."
LA Fraternité,
c'est comme un bouquet
les fleurs sont des noms dont on se souvient,
les fleurs sont des " liens " dont on a besoin
dans le quotidien... C'est comme le Pain !
Aides-nous le ciel à vivre tout cela...
12:25 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
27.06.2008
Le temps d'un Poème
A tous les Pères
Ceux qui naviguent sur les mers
Souvent par le temps de galère
Ceux qui cultivent la terre
Pour que les graines prolifèrent
A ces mineurs de fond
Qui descendent au charbon
A ceux qui travaillent le ois et le fer
Avec tout leur savoir-faire
A tous ceux du bâtiment
Qui sont à la rigueur du temps
A tous ces ouvriers d'usine
Qui ne font pas toujours bonne mine
A tous ces marchands
Qu'ils soient sédentaires ou ambulants
A tous ceux qui travaillent
Sans faire la moindre faille
Sans oublier ceux qui nous ont quittés
Pour eux va notre pensée
A ceux qui un jour ont dû souffrir
En voyant un enfant partir
Quand son regard vous dit des mots
Mais avec votre coeur si gros
vous éclatez en sanglots
Votre coeur se déchire
Vous n'avez rien pu lui dire
Pour vous c'est le pire
Mais pour la fête des papas
Ce dimanche matin là
Quand votre chérubin
Vous prend par la main
Ensemble allez faire un bout de chemin
Le sourire vous revient
Quand il dit: papa, c'est toi que j'aime bien
Pour tous ces papas qui se reconnaîtrons
Qui n'ont pas les mêmes fonctions
Mais la même obligation
Aux enfants donner une bonne éducation
Vous avez tous bon coeur
Alors donnez-leur du bonheur.
Le poème de M.B. célèbre les papas.
18:55 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.06.2008
Parmi toutes mes roses...
Parmi toutes mes roses
La plus rouge sera pour le mendiant
Qui boite plus bas que la route
La jaune sera pour un jockey
C'est la couleur des champs de courses
J'en donnerai une aussi à Marie
Qui pleure en cachette le dimanche
Mais la plus belle oh ! la plus belle
Je la réserve pour ma mère
Ma mère aimait tant les roses
22:12 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17.05.2008
C'est pourquoi...
Une petite fille peut aujourd'hui lire CADOU
dans un village maghrébin et le comprendre
dans son propre paysage comme une petite fille
de Brière ou un enfant chilien.
Cette poésie, née d'un pays et d'une époque bien
précise, abolit tout ce qui limite. Elle libère. Non
point tellement parce qu'elle est simple ou populaire
mais, plutôt, parce qu'elle est devenue simple à force
d'incarner l'humanité au plus profond, à sa racine,
dans son bonheur et sa brûlure :
" toute poésie qui coule de source se jette dans la
mer, tend à rejoindre l'universel. "
Hélène Cadou
00:36 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


