18.09.2008

Le Bonheur

Le bonheur c'est tout petit,
si petit que parfois on ne le voit pas.
Alors on le cherche,
on le cherche partout.
Il est là, dans l'arbre
qui chante dans le vent,
l'oiseau le crie dans le ciel,
la rivière le murmure,
le ruisseau le chuchotte, le soleil,
la goutte de pluie le disent.
Tu peux le voir, là,
dans le regard de l'enfant,
le pain que l'on rompt
et que l'on partage,
la main que l'on tend.
Le bonheur c'est tout petit,
si petit que parfois on ne le voit pas
et on le cherche dans le béton,
l'acier, la fortune
mais le bonheur n'y est pas,
ni dans l'aisance, ni dans le confort.
On veut se le construire
mais il est là, à côté de nous
et on passe sans le voir
car le bonheur est tout petit.
Il ne se cache pas,
c'est là son secret.
Il est là tout près de nous
et parfois en nous.

17.09.2008

Pour ceux qui se savent toujours...

JEUNES

J' ai cueilli mes 80 ans dernièrement
et j'y pense souvent...
Ainsi le coin de la rue est
deux fois plus loin qu'avant.
Et ils ont ajouté une montée
que je n'avais jamais remarquée !
J'ai dû cesser de courir après le bus ;
il démare plus vite qu'avant !
Je crois qu'on fait les marches d'escalier
bien plus hautes que dans le temps...
Et avez-vous remarqué les petits
caractères que les journeaux
se sont mis à employer ?

Cela ne sert plus à rien de demander
aux jeunes de parler clairement.
Tout le monde parle si bas
qu'on ne comprend quasiment rien !
On fait des vêtements si serrants,
surtout à la taille et aux hanches,
que c'est désagréable !
Les jeunes eux-mêmes ont changé ;
ils sont bien plus jeunes
que quand j'avais leur âge.
Et d'un autre côté, les gens de mon âge
sont bien plus vieux que moi !
L'autre jour je suis tombé
sur une vieille connaissance ;
elle avait tellement vieilli
qu'elle ne me reconnaissait pas.
Je réfléchissais à tout cela
en faisant ma toilette ce matin...
Ils ne font plus d'aussi bons miroirs
qu'il y a soixante ans.

16.09.2008

L'arbre à soucis

Un jour, j'ai retenu les services d'un menuisier pour m'aider à restaurer ma vieille grange.
Après avoir terminé une dure journée au cours de laquelle une crevaison lui avait fait
perdre une heure de travail, sa scie électrique avait rendu l'âme, et pour finir,
au moment de renter chez lui, son vieux pick-up refusait de démarrer.
Je le reconduisis chez lui et il demeura froid et silencieux tout au long du trajet.
Arrivé chez lui, il m'invita à rencontrer sa famille. Comme nous marchions le long de l'allée
qui conduisait à la maison, il s'arrêta brièvement près d'un petit arbre,
lui touchant le bout des branches.
L'orsqu'il ouvrit la porte pour entrer chez lui,une étonnante transformation se produisit.
Son visage devint rayonnant, il caressa ses deux enfants et embrassa sa femme.
L'orsqu'il me raccompagna à ma voiture, en passant près de l'arbre, la curiosité s'empara
de moi et je lui demandai pourquoi il avait touché le bout des branches
de cet arbre un peu plus tôt.
" C'est mon arbre à soucis " , me répondit-il.
" Je sais que je ne peux éviter les problèmes, les soucis et les embûches qui traversent
mes journées, mais il y a une chose dont je suis certain : ceux-ci n'ont aucune place
dans la maison avec ma femme et mes enfants.
Alors, je les accroche à mon arbre à soucis tous les soirs lorsque je rentre à la maison.
Et puis, je les reprends le matin. "
" Ce qu'il y a de plus drôle " , sourit-il, " c'est que lorsque je sors de la maison le matin
pour les reprendre, il y en a beaucoup moins que la veille
lorsque je les avais accrochés. "

15.09.2008

Le pot fêlé...

Avant que vienne la fin - toute proche maintenant - et en l'honneur des histoires
que j'ai oubliées, en voici une que j'aime particulièrement :
Un porteur d'eau, quelque part en Inde, transportait de l'eau d'une source jusqu'à
un village, où il la vendait; Il portait son fardeau dans deux pots, attachés à une barre
de bois de chaque côté de ses épaules.
Le pot qu'il portait à droite était intacte, et arrivait toujours plein au village,
mais le pot de gauche, fêlé, perdait la moitié de l'eau en chemin.
Cela dura plusieurs années.L'homme n'avait pas les moyens de s'acheter un autre pot.
Un jour le pot fêlé prit la parole et dit au porteur :
- Je suis honteux de mon imperfection et je te demande pardon.Je perd l'eau
que je devrais garder. Vraiment, j'ai honte, je t'assure;
Le porteur regarda le récipient et lui dit :
- A notre prochain voyage, tu regarderas du côté gauche du chemin, de ton côté.
- Et qu'y verrai-je ? demanda le pot.
- Tu y verras les fleurs auxquelles ton eau perdue, pendant tout ce temps, a donné la vie.

Chapitre " Quelques grains de sagesse (peut-être) "

14.09.2008

Le parapluie troué...

Deux hommes font une promenade amicale.
L'un des deux porte un parapluie à son bras.
Il se met à pleuvoir. L'homme n'ouvre pas son parapluie
et l'autre lui demande pourquoi.
- Parce que ça ne servirait à rien, lui répond son ami.
Il est plein de trous.
- Alors, pourquoi l'as-tu pris ?
- Parce que je ne pensait pas qu'il pleuvrait.

Chapitre " Il y a d'autres pièges sur le chemin logique "

13.09.2008

L'amour de la rivière...

L'orsque Narcisse mourut, a raconté Oscar Wilde,
toutes les fleurs du bord de l'eau se désolèrent
et demandèrent à la rivière quelques gouttes d'eau
pour pleurer.
- Ah, dit la rivière, si toutes mes gouttes d'eau étaient
des larmes, je n'en aurais pas suffisamment pour
pleurer la mort de Narcisse. Car je l'aimais.
- Comment ne pas l'aimer ? dirent alors les fleurs.
Il était si beau !
- Il était beau ? demanda la rivière.
- Et qui pourrait le savoir mieux que toi ? lui dirent
les fleurs. Chaque jour il se penchait au-dessus
de la rive et contemplait sa beauté dans tes eaux.
- Mais ce n'est pas pour ça que je l'aimais, dit la rivière.
- et pourquoi donc ?
- Parce que, quand il se penchait, je pouvais voir
la beauté de mes eaux dans ses yeux.

chapitre " si tout n'est peut-être qu'un songe, qui est le dormeur ? "

12.09.2008

Le désert et le nuage ...

Une étendue désertique recevait de temps en temps- très rarement- la visite d'un nuage
qui laissait tomber un peu d'eau sur la terre et le sable secs. Ainsi, les animaux et les végétaux
pouvaient survivre.
Le désert ne cessait de remercier le nuage, à chaque visite. Il le remerçiait de sa générosité
et de cette maigre averse qui éloignait la mort totale.
Il regrettait de ne rien pouvoir lui donner en échange.
Un jour, le nuage lui dit :
-Mais cesse donc de me remercier !
- Et pourquoi donc ? demanda le désert.
- Tu dis que tu ne me donnes rien en échange. Et le plaisir de donner ? Crois-tu que ce n'est rien ?

Chapitre " La vérité, et alors ? "

Le chien assoiffé...

Un autre poète persan raconte qu'un chien, qui mourait de soif après une longue
course dans un désert, parvint enfin devant un cours d'eau. Il se pencha mais,alors
qu'il s'apprêtait à se désaltérer, il vit sa propre image dans l'eau, et il prit cette image
pour un autre chien, qui lui interdisait de boire.
Le chien assoiffé se coucha, pantelant, auprès du cours d'eau, et attendit.
Un moment plus tard, il s'approcha de nouveau, se pencha prudemment,
et vit que l'autre chien était toujours là.
Il se retira et se rassit, crevant de soif. Il agit ainsi à plusieurs reprises. A la fin, à bout
de forces, n'y tenant plus, il se jeta dans l'eau, prêt à en découdre avec l'autre chien.
A sa grande surprise, il ne rencontra aucun chien. Il put s'ébattre et se désaltérer
tout à son aise, ce qu'il lui parut délicieux;
Il sortit de l'eau un long moment plus tard. Avant de se remettre en marche,
il se retourna pour regarder l'eau. Lautre chien, de nouveau, était là, et le regardait.

chapitre " Le monde est ce qu'il est "

11.09.2008

Récits... suite...

Le trésor enfoui

Un homme, en plein soleil, est en train de creuser un trou dans le désert.
Il a la réputation de dire les choses de la vie
d'une manière qui lui est propre, autrement dit
d'être une sorte de poète.
Passe un caravanier qui lui demande :
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je creuse un trou.
- Mais pour quoi faire ?
- Pour chercher dix pièces d'or que j'ai cachées par ici
le mois dernier.
- Mais tu aurais dû prendre un repère pour les
retrouver ! lui dit le marchand; Un arbre ! Un rocher !
- Jai pris un repère, lui dit l'homme aux pièces d'or.
- Quel repère ?
- L'ombre d'un nuage, là-haut.

chapitre " le monde n'est pas ce qu'il est "

10.09.2008

Récits... au fil de l'eau

Sept contes vagabonds puisés dans le monde entier par l'écrivain Jean-Claude Carrière, sept perles métaphysiques prélevées dans l'océan des histoires anonymes.

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