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12/04/2009

Renouveau

Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau,
Et, triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la séve immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et ceusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends,en m'abîmant que mon ennui s'élève...
-Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

STÉPANE MALLARMÉ
(1842-1898)

20:20 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (0)

10/04/2009

suite...Mort et Résurrection

Quand l'heure de m'étendre avec toi dans la tombe
Tout entier me transporte au seul Vendredi-Saint,
Entre Ton corps et Ton gibet je suis Ton ombre
Mourant du même coup qui Te perce le sein

La Mère- elle reçoit ce fruit jumeau qui tombe
Au giron s'affaissant sous le fardeau divin,
Ses larmes lourdes sur son Fils roulent des mondes
Dont l'orbe est à jamais tracé dans mon destin

La dalle roule : et double aux deux coeurs creux résonne
Le Néant- cette attente où qui attend ? personne
Où qui se tend ? la nuit dans le cadavre, sans

Que rien, pas même Dieu, ne sache que vont suivre
La force, la rupture et le triomphe ! l'ivre
Couple pascal de l'homme-Dieu se dédoublant.

II

Les bourreaux les badauds goûtent le frais du soir
Et flânent sur ta pente, mont terrible ! Ô ville
Jardin de roses au couchant, un air tranquille
( Venu des temps) polit ton repos de miroir.

Loin, chétif, le dolent cortège dodeline
- Un rais d'ongle sur l'horizon. Dans le ciel haut
L'indifférence au front auguste est sans défaut :
Des pierres monte la louange. Dieu n'incline

Vers la terre Sa main de rosée que rêvant
Tel un dormeur le long de sa couche. Le vent
Naissant des plis de la nuit vaste qui s'avance

Ne trouble ni la paix des cèdres ni le vol
De ces vautours vers les déserts. Seule, une absence
Les bras en croix s'étonne immense sur le sol.

IV

Mais Dieu jamais ne ressuscite de ce mort
Que n'éveilleraient point les Pâques éternelles !
Vivre en ne faisant qu'un avec sa tombe, telle
Est la Loi. Ces deux soeurs, la naissance et la mort

Mûries ensemble au sein de la commune Mère
Se partagent la veillée longue, en échangeant
Des signes par-dessus le cadavre. Ô vivant !
Si leur voix ne te trouble en ton exil de terre

C'est que tu es vraiment de ce monde, un absent
Un mort-né qui survit à son ombre. Le temps
Cette coutume invertérée de ne pas être

Ayant séché d'oubli ton Dieu, ton corps est seul
Deux soeurs sombres tirant ta vie comme un linceul
Sur ce Dieu mort auquel tu défends de renaître.

(Le Poète et son Christ)

PIERRE EMMANUEL (1916-1984)

00:10 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (2)

09/04/2009

Les plus beaux sonnets...

DE LA LANGUE FRANÇAISE

XXXVII

Voici le mois d'avril, où naquit la merveille
Qui fait en terre foi de la beauté des cieux,
Le miroir de vertu, le Soleil de mes yeux,
Seule Phénix d'honneur, qui les âmes réveille.

Les oeillets et les lis et la rose vermeille
Servirent de berceau ; la Nature et les Dieux
La regardèrent naître, et d'un coin curieux
Amour enfant comme elle allaita sa pareille.

Les Muses, Apollon et les Grâces étaient
Tout à l'entour du lit, qui a l'envi jetaient
Des fleurs sur l'Angelette. Ah ! ce mois me convie

D'élever un autel, et suppliant Amour
Sanctifier d'avril le neuvième jour,
Qui m'est cent fois plus cher que celui de ma vie.


(Le premier Livre des sonnets pour Hélène)

JEAN ORIZET

De Pierre De Ronsard (1524-1585)

10:50 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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