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12/07/2011

Pas de congé pour les vacances

349772646.JPGDifficile à imaginer : nos plages bondées d'estivants étaient autrefois - et même au plein coeur du mois d'août - quasiment désertes...

D'abord, parce que les vacances n'existaient pas !

Pour Richelieu, elles étaient carrément inutiles, puisque pour lui " le peuple est un mulet qui se gâte par le repos ". Ensuite, parce  que le tourisme balnéaire avait longtemps été un tourisme d'hiver et qu'il ne serait alors venu à l'idée de personne, dans la bonne société - celle qui donnait le ton - , de passer l'été au bord de la mer, et moins encore de s'y baigner ou de s'exposer aux rayons du soleil.

Le mot vacances, lui-même, était inconnu dans son sens actuel, pour avoir désigné à l'origine une période de manque. Comme on parle de place " vacante ", les vacances, d'abord scolaires, avaient désigné la période où l'école faisait défaut, et ce n'est qu'au lendemain du Front Populaire qu'elles s'étaient élargies au monde extrascolaire, avec les fameux Congés payés. Mais ce mot  congé, lui aussi, avait un sens originel très éloigné de son sens actuel. Il évoquait initialement le fait de circuler, de s'en aller, et avait donné naissance au congé militaire, correspondant à une permission ou à une libération, prometteuse en tous les cas de relâchement.

Longtemps aussi, on avait parlé de jours chômés, en référence à un ancien terme latin signifiant " se reposer par la chaleur ", pour peu à peu nommer chômage toute cessation d'activité. En avait découlé le nom de nos chômeurs, même si  ces   derniers, surtout en hiver, n'ont pas toujours très chaud...

J-L.  B. Généalogiste

11:31 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (10)

06/07/2011

La première bachelière

cartedefontenoylechateau.jpgElle s'appelait Julie-Victoire Daubié. Née le 26 mars 1824 à Bains-les-Bains, dans les Vosges, elle est décédée le 26 août 1874 à Fontenoy-le-Château et ... peu de personnes se souviennent d'elle.

julievictoiredaubie.jpgJustement ! allez-vous me dire. Pourquoi nous parler d'elle précisément aujourd'hui ? Tout simplement parce que Julie-Victoire Daubié fut la première femme française à obtenir le droit de se présenter au baccalauréat, à Lyon, en 1861.

Huitième enfant d'une famille de la petite bourgeoisie catholique, Victoire perdit son père à l'âge de 20 mois. Décrite comme une jeune fille grande, mince, aux cheveux coiffés en bandeaux, elle fit preuve très tôt d'une belle curiosité intellectuelle et obtint en 1844 son brevet supérieur, après avoir appris, grâce à son frère prêtre,le grec et le latin. Passionnée par la condition des femmes, elle se battit pour sauvegarder leurs droits et réagir contre les injustices que celles-ci  subissaient.

Déterminée à se présenter au baccalauréat, elle poursuit ses études en autodidacte, s'inscrivit au Muséum national d'histoire naturelle de Paris afin de compléter sa formation en zoologie, section mammifères et oiseaux mais... ne put étudier au musée qu'en dehors des heures d'ouverture au public ! Ce simple détail révèle à quel point les femmes dites " savantes " dérangeaient à l'époque ! Ce n'était que le début... Quand Victoire présenta sa candidature au baccalauréat à Paris, on la lui refusa au motif qu'elle appartenait au beau sexe ! Elle put se présenter à Lyon grâce au soutien de l'industriel Lyonnais François Barthélemy Arlès-Dufour, qui avait beaucoup apprécié le mémoire de Victoire au concours de l'Académie impériale de Lyon. Mémoire pour lequel elle avait obtenu le premier prix...

Le 16 août 1861, Victoire fut reçue au baccalauréat. " Nous sommes heureux d'annoncer qu'elle a été reçue avec distinction et qu'elles'est montrée bonne latiniste, soit dans les compositions, soit dans les explications. On peut citer un certain nombre de femmes qui, au Moyen Age et  surtout à l'époque de la Renaissance, ont obtenu leur bonnet de docteur, mais MLLe Daubié est certainement le premier bachelier de sexe féminin qu'ait proclamé l'Université de France... "

Ses tribulations n'étaient pas terminées, cependant ! Car le ministre de l'Instruction publique, Gustave Rouland, refusa longtemps de signer le diplôme de Vistoire, ironisant : " Vous voulez ridiculiser mon ministère ? "

Arlès-Dufour et l'Impératrice Eugénie durent intervenir pour que la jeune femme obtienne enfin son diplôme - dûment signé - en mars 1862.

Souhaitons que les futurs bacheliers de 2011 ne connaissent pas ce genre de démêlés !

fresquefontenoylechateau.jpgIl y a près de cent cinquante ans, on acceptait mal  que les femmes étudient. D'ailleurs Victoire, qui devint la première femme titulaire d'une licence de lettres, travailla seule sans pouvoir assister aux cours à la Sorbonne, l'accès en étant interdit aux femmes...

Les temps ont changé, Dieu merci ! En tout cas, nous pensons très fort en ces jours d'examens à tous les candidats, garçons et filles...

18:30 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (4)

23/06/2011

Geoffroy Tory, imprimeur royal

89925_1307442221_3.jpgQuelques décennies après l'invention de l'imprimerie en Europe (XVè siècle), le Français Geoffroy Tory (vers 1480-1533) a profondément marqué le monde de l'édition. Cet artisan du livre " moderne " pour l'époque, qui était à la fois éditeur, traducteur, libraire et imprimeur, s'intéressait à tous les domaines du livre : orthographe, grammaire, ponctuation, typographie, mise en pages, reliure...

Le roi François 1er en fit son imprimeur officiel. Il développa des caractères indispensables à notre écriture comme la cédille, l'apostrophe et les lettres accentuées.

Proche du milieu artistique ( peintres, enlumineurs, relieurs...), Geoffroy Tory a créé, imaginé, inventé des styles de lettres d'imprimeries superbes. Avec  talent il a assuré le passage de la calligraphie au graphisme. Il a aussi  imprimé des livres d'Heures (ouvrages de dévotion pour les laIcs) magnifiquement enluminés.

Aujourd'hui, Geoffroy Tory est un véritable mythe auprès des bibliophiles. L'exposition qui lui est consacrée au musée national de la Rennaissance, À Ecouen, dévoile toutes les facettes de ce théoricien et praticien des arts du livre.

Musée national de la Renaissance, château d'Ecouen (VAL-d'Oise,

Jusqu'au 4 juillet.

09:01 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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