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09/02/2009

Les fleurs

Des avalanches d'or du vieil azur, au jour
Premier et de la neige éternelle des astres
Jadis tu détachas les grands calices pour
La terre jeune encore et vierge de désastres,

Le glaiêul fauve, avec les cygnes au col fin,
Et ce divain laurier des âmes exilées
Vermeil comme le pur orteil du séraphin
Que rougit la pudeur des aurores foulées,

L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair
Et, pareille à la chair de la femme, la rose
Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,
Celle qu'un sang farouche et radieux arrose !

Et tu fis la blancheur sanglotante des lys
Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure
A travers l'encens bleu des horizons pâlis
Monte rêveusement vers la lune qui pleure !

Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs,
Notre dame, hosannah du jardin de nos limbes !
Et finisse l'écho par les célestes soirs,
Extase des regards, scintillement des nimbes !

Ô Mère, qui créas en ton sein juste et fort,
Calices balançant la future fiole,
De grandes fleurs avec la balsamique Mort
Pour le poète las que la vie étiole.

Poésies (1887)

Stéphane Mallarmé

10:05 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Qu'il est doux de lire un si beau poème pour bien commencer la journée.La poésie est une partie de notre vie, sans elle, on ne pourrait s'évader et rêver à d'autres paysages que notre quotidien!




Bises
hélène

Écrit par : hélène | 09/02/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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