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29/04/2008

Le Poète suite...

Le Poète acquiert une sorte d'ubiquité dans le temps
comme dans l'espace. Il peut être ici ou là dans
le soleil, le grand vent, la neige. Il est " debout dans
l'air ainsi qu'une fenêtre " et il voit loin dans l'avenir.
Offert à toutes les averses, à tous les passages entre
futur et souvenir, entre la vie et la mort, la terre et le ciel.
La pluie, les anges, les oiseaux sont des médiateurs
comme la parole elle-même :

"Maintenant que vous êtes là je n'ai plus peur
de manquer au devoir sacré de la parole... "

Le Poète lance des passerelles entre ce qui pourrait
sembler un âge d'or, référence première que chacun
porte en soi, et un avenir prophétisé qui serait le but
de tout élan,de toute action humaine. Mais la poésie
de Cadou n'est ni poésie du passé, ni celle d'un
rêve utopique.C'estune poésie nourrie d'enfance qui
tend vers le projet essentiel de rejoindre sa propre
destinée.
Quand le Poète écrit :
" Le souvenir n'est que cette connaissance du futur
que nous percevons à travers le passé ", il se situe
dans un autre domaine, hors du temps, de ses degrés,
de ses jalons.


REFUGE POUR LES OISEAUX

Entrez n'hésitez pas c'est ici ma poitrine
Beaux oiseaux vous êtes la verroterie fine
De mon sang je vous veux sur mes mains
Logés dans mes poumons parmi l'odeur du thym
Dressés sur le perchoir délicat de mes lèvres
Ou bien encor pris dans la glu d'un rêve
Ainsi qu'une araignée dans les fils du matin
La douleur et la chaux ont blanchi mon épaule
Vous dormirez contre ma joue les têtes folles
Pourront bien s'ennivrer des raisins de mon coeur
Maintenant que vous êtes là je n'ai plus peur
De manquer au devoir sacré de la parole
C'est à travers vos chants que je parle de moi
Vous me glissez des bouts de ciel entre les doigts
Le soleil le grand vent la neige me pénètrent
Je suis debout dans l'air ainsi qu'une fenêtre
Ouverte et je vois loin
Le Christ est devenu mon plus proche voisin
Je remue des printemps en ramassant vos ailes
Vous savez qu'il y a du bleu dans mes prunelles
Et vous le gaspillez un peu dans tous les yeux
Refermez les forêts sur moi c'est merveilleux
Cet astre qui ressemble tant à mon visage
Un jour vous écrirez mon nom en pleine page
D'un vol très simple et doux
Et vous direz alors c'est René Guy Cadou
Qui monte au ciel avec pour unique équipage
la caille la perdrix et le canard sauvage.

10:21 Publié dans poésies | Lien permanent | Commentaires (0)

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